Historique des mines
Les métaux furent recherchés successivement en fonction de l’évolution des techniques d’extraction, de fonte des minerais et de leur débouché. L’utilisation ancienne du fer, du cuivre, de l’or, de l’argent, du plomb, de l’étain est amplement reconnue. Quelques minéraux sont recherchés de façon anecdotique pour alimenter la pharmacopée ou les fards et poisons. L’arsenic, sous forme d’orpiment (As4S6), est recherché par les alchimistes pour transmuter le plomb en or. L’antimoine (Sb2O3, Sb2O4 ou Sb2S3) est utilisé dès 4000 ans av. J.C. en Chaldée, Jézabel le compte parmi ses fards, les Ve et VIe dynasties égyptiennes le connaissaient. D’autres minéraux, comme l’alun, utilisé dans l’industrie textile, ont fait l’objet de véritables exploitations souterraines. Les minerais étaient plus ou moins spécifiquement recherchés selon les époques. Souvent, l’engouement pour un minerai est dû à un progrès des techniques de transformation. Au Chalcolithique, seul le cuivre a été utilisé. Puis à l’age du bronze, l’étain a été commercialisé sur de très longues distances pour élaborer les alliages. L’age du fer a été une période d’exploitation intense des gisements ferreux au détriment du cuivre et de l’étain, les objets en fer se révélants plus fonctionnels que ceux en bronze. La création de la monnaie en métaux précieux a stimulé les exploitations d’or et d’argent. L’argent reste le métal le plus recherché jusqu’au Bas Moyen Age puis, aux XVIIIe s. et XVe s., le cuivre est à nouveau recherché intensément en raison de progrès techniques permettant la séparation du cuivre et de l’argent. Le zinc, l’aluminium, la baryte et la fluorine sont extraits à partir du XIXe s. Les pyrites sont exploitées pour le souffre.
Certains minerais sont plus activement recherchés selon les époques. Ainsi, le cuivre était intensément exploité à la fin du Moyen Age et le plomb était un produit connexe de l’exploitation de l’argent. Les recherches et les textes prouvent que les gisements métallifères ont été exploités dès le Chalcolithique sur le territoire français. Les auteurs antiques parlent des mines des Gaules. Les peuples protohistoriques ont cherché de l’or dans le Limousin (recherche de Béatrice Cauuet aux Fouilloux) et du cuivre dans les Hautes-Alpes (mine de Saint-Véran étudiée par Hélène Barge). Des fourneaux antiques ont été trouvés dans les Corbières, dans la Montagne Noire (étude de Claude Domergue aux Martys). Une exploitation carolingienne a été découverte à Melle, en Poitou. Aux XIIIe et XIVe s., des mines d’argent sont exploitées dans les Cévennes (terre d’Hierle, recherche de Marie-Christine Bally-Maître), les Hautes-Alpes (mine du Fournel étudiée par Bruno Ancel) et l’Isère (village minier et mines de Brandes-en-Oisans, recherche de thèse de Marie-Christine Bally-Maître). Paul Benoît a étudié les mines de Jacques Cœur dans le Lyonnais. Au XVIe s., de nombreuses mines sont ouvertes dans les Vosges et en Lorraine, présentant une technique d’abattage spécifique et uniforme (recherche de Francis Pierre à la mine du Thillot et recherches de J. P. Jacob, M. Mangin, P. Fluck et B. Ancel).
L’époque moderne, la révolution industrielle et ses progrès techniques ont amené les hommes à rechercher de plus en plus de métaux et substances, de nature de plus en plus diverse. Cette expansion du secteur primaire débute au XVIIIe s. et va croissant jusqu’à la première guerre mondiale. Tous les gisements sont exploités, même les moins rentables. L’explosion de l’extraction de la houille au XIXe s., véritable moteur de la révolution industrielle, ne peut être oubliée, entraînant la forte expansion de la sidérurgie. La fonte était produite en masse permettant de nouvelles prouesses techniques. Le secteur minier est fragile et réagit aux moindres fluctuations du marché. Ainsi, l’exploitation s’arrête-t-elle souvent brutalement avec la première guerre mondiale. Les sociétés qui avaient résisté ferment vers 1929 en raison de la chute des cours des métaux. Dans les années 1950, la reprise de l’extraction minière reste généralement modeste et éphémère.