Problématique
L’objectif principal d’une telle étude réside dans sa compréhension des conséquences de l’exploitation minière dans un secteur géographique donné. Il est important de considérer cette activité comme un ensemble de faits. Elle induit la mise en oeuvre de compétences techniques (prospection, extraction, transformation), l’adaptation d’une population dans des lieux souvent désertiques et éloignés des infrastructures citadines et la naissance d’une économie stimulant la croissance des lieux d’échange.
Un des objectifs primordiaux de l’archéologie minière est de tenter de définir une typologie des techniques d’extraction afin de dater des travaux miniers à partir de la technique utilisée. La diachronie privilégie les sites exploités sur le long terme et permet d’observer l’évolution des techniques. Les recherches déjà effectuées sur ce point tendent à attribuer les techniques minières aux aires germaniques. Des recherches entamées autour de la Méditerranée permettent déjà d’infirmer cette hypothèse en prouvant que l’extraction minière n’a pas nécessité d’apport de techniques étrangères, grâce à la création de techniques propres. En Italie, en Espagne, des travaux très anciens sont étudiés et montrent que les techniques d’extraction sont évoluées. Ne pourrait-il y avoir une technologie propre au Sud de l’Europe?
Il est primordial de pouvoir mettre en relation les mines et l’implantation humaine qui en résulte (traitement du minerai, habitat) afin de mettre en valeur la dimension humaine dans une étude consacrée à l’artisanat et à l’industrie.
L’étude approfondie de certains sites, comportant des mines et des structures de surface, comme celui de l’Acate-de-Vaillas à Sainte-Maxime, pourrait permettre de déterminer si la présence de gisements métallifères a contribué au peuplement d’une région donnée ou non.
L’étude des sources donnera peut-être la possibilité de mieux connaître les acteurs de l’exploitation. Qui investissait? Qui étaient les ouvriers, d’où venaient-ils et quel était leur statut social?
Une fois le minerai obtenu, que devenait-il? On peut envisager plusieurs cas de figure. Il peut être transformé sur place ou la réduction était effectuée sur le lieu de commerce (village, port). Ou encore, le minerai peut être vendu après l’enrichissement issu de la minéralurgie. Les analyses des déchets métallurgiques prélevés lors des prospections apporteront peut-être des éléments de réponse à ces questions. L’impact économique de l’exploitation minière constitue l’un des volets de la recherche. Quels étaient les circuits de distribution et les aires de diffusion? Dans un secteur côtier, le trafic portuaire a-t-il été stimulé?
Enfin, les prospections contribuent à l’élaboration de la Carte Archéologique Nationale. Bien documentée, elle assure la protection des sites et complète la banque de données pour les chercheurs.
Une recherche sur les sites miniers et métallurgiques du massif des Maures peut apporter de nouvelles données à l’histoire du Var mais, également à l’histoire des techniques et à l’histoire sociale et économique.
Il s’agit de montrer si il y a eu une exploitation minière dans les Maures puis, de déterminer quels ont étés les agents favorables et les facteurs limitant cette activité.
La consultation des sources et documents relatifs à l’exploitation minière constitue la première étape de cette étude.